Faut-il croire le ministre de l’agriculture sur l’affaire des OGM ?

Des rumeurs insistantes circulent sur l’importation par le Maroc de produits agricoles et alimentaires transgéniques.
Dans son édition de mardi 25septembre, l’organe arabophone de l’USFP «Al Ittihad Al Ichtiraki» parle de rapports du Département d’Etat américain à l’Agriculture révélant son exploitation du vide juridique pour inonder le marché marocain par des produits interdits. Selon ces rapports, le Maroc aurait importé en 2011, des « OGM » pour une valeur de 932 millions de dollars. Pourtant, le ministre marocain de l’agriculture, Aziz Akhannouch se veut plus tôt rassurant en affirmant qu’«au Maroc, et en application du principe de la précaution, les aliments transgéniques sont interdits à la consommation humaine ». Dans un communiqué diffusé le jour même par  la MAP, le ministre soutient que les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ne figurent ni dans les produits importés, ni dans ceux produits localement destinés à notre alimentation.
Le démenti du ministre de l’agriculture intervient aussi à la suite de la publication le 19 septembre dernier, d’une étude par des chercheurs français, selon laquelle la consommation de certains maïs transgéniques serait dangereuse pour la santé humaine. Les tests pratiqués sur des rats ont donné des résultats inquiétants qui sont en cours de vérification au sein de l’Union européenne.
Pour être plus rassurant, le ministère rappelle que même si la pratique et les législations à travers le monde admettent la présence d’OGM dans certains aliments destinés à l’alimentation animale, les variétés de maïs transgénique ciblées par cette étude « ne sont pas autorisées au Maroc, même pour des fins d’alimentation animale ».
Si l’étude a porté uniquement sur les rats en France, « au Maroc, il faut faire une étude non seulement sur les rats, mais aussi sur les humains », ironise d’entrée de jeu Fatima Alaoui, secrétaire générale du parti des Verts au Maroc. Pour elle, il ne fait pas l’ombre d’un doute que les OGM circulent bel et bien dans le royaume.
L’étude réalisée à El Jadida en 2006, par des ingénieurs français à l’initiative du Parti des Verts, rappelle-t-elle, avait révélé la présence de plants de tomates transgéniques dans cette zone. Selon Fatima Alaoui, les Marocains consomment les produits distribués dans les grandes surfaces et c’est dans ces hypermarchés, qu’il faut vérifier la part des OGM dans les produits alimentaires.
Najib Akesbi, brillant économiste marocain, enseignant-chercheur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV) de Rabat et membre de Transparency Maroc et de Slow Food Maroc, estime qu’en l’absence d’une législation spécifique à la commercialisation des produits transgéniques, l’inquiétude sur la présence des OGM au Maroc, s’est amplifiée depuis la conclusion de l’accord de libre échange avec les Etats-Unis en 2004.
Les assurances du ministre de l’Agriculture vont-elles suffire pour dissiper les inquiétudes du consommateur marocain, où va-t-il falloir diligenter une enquête sur le terrain pour plus de clarté et moins de risques ?

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