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Thon rouge : Les ONG en guerre contre la surpêche et la pêche illicite

Thon rouge : Les ONG en guerre contre la surpêche et la pêche illicite

Les ONG engagées dans la défense des thonidés ne lâchent pas prise même devant une amélioration relative des stocks du thon rouge actuellement fixés à 12.900 tonnes par an. Les populations de ce gros poisson prédateur émigrent chaque année des eaux de l’Atlantique du nord-est pour venir se reproduire au printemps en Méditerranée, sont selon ces ONG, toujours menacées de surpêche. Même la décision de mobiliser des navires militaires français, italiens et espagnols pour patrouiller en Méditerranée, durant la période de pêche du 15 mai au 15 juin, n’a pas rassuré les défenseurs de l’environnement marin.
Sans donner d’estimation, ces ONG mettent en avant que les données du commerce international ne sont pas en adéquation avec les déclarations de capture faites à la Cicta (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) qui tient du 12 au 19 novembre courant, les assises de sa 8ème réunion extraordinaire à huis-clos à Agadir.
Les délégués du World Wild Fund (WWF) et du PEW Environment Group qui suivent cette rencontre à titre d’observateurs, craignent une éventuelle augmentation des quotas de pêche du thon rouge et la poursuite de la pêche illicite, alors que les scientifiques sont très clairs à ce sujet. Citant de récentes études, le WWF affirme que les données de base de l’évaluation sont très mauvaises et il y a beaucoup d’incertitudes sur les stocks actuels du thon rouge. L’ONG plaide pour une nouvelle évaluation d’ici trois ans, avec une formation améliorée, mais aussi une nouvelle méthodologie qui permettrait aux scientifiques aussi d’être plus sûrs des données sur le terrain.
Les ONG qui suivent de près l’évolution de la situation, déplorent également la présence d’un nombre trop important de bateaux en mer et d’un manque de contrôle des captures, en particulier dans les principales zones de frais du thon rouge en Méditerranée.
En 2007, les quotas étaient de 29.000 tonnes, mais les scientifiques de la Cicta estimaient que les prises réelles, incluant les captures illégales, étaient en fait de plus de 60.000 tonnes.
En 2010, l’Union européenne est allée jusqu’à demander, sans succès, l’inscription de cette espèce sur la liste rouge de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (Cites), un prélude à l’interdiction de sa commercialisation.
Le Dr Sergi Tudela, responsable du Programme Pêche au WWF Méditerranée craint le risque de voir les Etats membres de l’ICCAT se dire, puisque ça marche bien maintenant, on peut commencer à augmenter les quotas. Le sort du thon rouge en Maditerranée et dans l’Atlantique du nord-est est entre les mains des représentants des les 48 membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (UE, USA, Canada, Japon, pays méditerranéens). Dans moins de cinq jours on verra un peu plus clair sur cette grande question.

A propos de Abdenbi EL OUADGHIRI

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