Maroc-Espagne : La guerre de la tomate continue

Le lobby des agriculteurs espagnols a reçu un camouflet après un démenti européen de leurs allégations sur la pratique du dumping par les exportateurs marocains de tomates vers le marché européen. C’est le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos en personne, qui a démenti les prétentions du lobby espagnol reprises par  le ministère espagnol de l’agriculture.
A la date d’aujourd’hui, le Maroc respecte à la lettre les normes de l’accord agricole avec l’UE, entré en vigueur en octobre dernier, a assuré Dacian Ciolos, en réaction aux accusations proférées contre le Maroc, par le ministère de l’Agriculture du royaume ibérique.
Sur fond de protestations des agriculteurs et producteurs espagnols de tomates, le département de l’agriculture a adressé une lettre au Conseil des ministres européens de l’Agriculture, qui tenait sa réunion mensuelle les 28 et 29 novembre à Bruxelles, pour se plaindre contre l’inondation du marché communautaire, de tomates à bas prix.
Contrairement à ces allégations, Ciolos a assuré devant les ministres européens, que les mécanismes au niveau des services douaniers européens, se déclenchent d’une manière automatique dans le cas d’une baisse du prix d’entrée dicté prévu par l’accord agricole Maroc-UE.
Dans le document adressé à ses collègues européens, le ministre espagnol de l’agriculture, Arias Cañete a accusé les tomates marocaines d’être la cause de l’effondrement des prix de ce fruit en Europe communautaire.
Pourtant le commissaire européen à l’Agriculture soutient preuves à l’appui, que le Maroc respecte non seulement ses engagements en matière de quota mais également la réglementation sur les tarifications.
Devant l’insistance de Ciolos dans sa défense du Maroc, les représentants et défenseurs des filières espagnoles de légumes et de fruits, ont qualifié sa réaction de « frivolité ».
«C’est scandaleux et honteux de se taire face au Maroc, qui est un concurrent déloyal, détruisant le secteur de la tomate en Espagne», ont-ils déclaré.
Ces lobbies se sont pris également à leur propre gouvernement en dénonçant sa proposition d’instituer un comité mixte maroco-espagnol d’arbitrage, pour tenter de régler à l’amiable les litiges qui surgissent autour de l’accord agricole Maroc-UE, en Espagne.
La FEPEX, regroupant les producteurs et exportateurs espagnols de tomates, a enfoncé davantage le clou en accusant le Maroc de mettre en crise le marché européen de tomates, lui reprochant de violer les clauses de l’accord agricole.
En effet, en vertu de cet accord, le prix d’entrée de la tomate marocaine est fixé à 46,10 Euros pour 100 kg, mais en cas de baisse, les clients européens du Maroc, doivent payer un droit de douane de 29,80 euros par100 kg. Or selon les Espagnols, les Marocains vendent en Europe non pas à 46.10 euro, mais à 36 euro, sans payer de droits de douanes, ce que dément la Commission européenne. Il semble donc que la guerre de la tomate entre l’Espagne et le Maroc, a encore de longs mois devant elle, malgré le faible poids que représente le contingent marocain dans les importations européennes.

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