L’Espagne souhaite la conclusion avant juin, d’un nouvel accord de pêche Maroc-UE

Marins et armateurs des 110 chalutiers de pêche espagnols qui sont à quai depuis près de quatre mois, s’impatientent de faire le cap vers les eaux marocaines. Depuis le rejet de la reconduction de l’accord de pêche Maroc-UE, par le parlement européen le 14 décembre dernier, les professionnels espagnols font un pressing quotidien sur leur gouvernement aux fins d’une reprise des négociations à Bruxelles, en vue de la ratification d’un nouvel accord de pêche avec le Maroc. Pour apaiser le climat de tension qui prévaut dans le secteur, le ministre espagnol en charge du dossier, a récemment promis aux pêcheurs que son département s’active pour parvenir à une solution avant le mois de juin prochain.
« Je voudrais que l’accord soit conclu avant le 14 juin », a assuré le ministre espagnol de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement, Miguel Arias Cañete. Lors d’une rencontre avec les pêcheurs de la Barbate, une des villes les plus touchées par l’arrêt de la pêche au Maroc, le ministre leur a promis d’accélérer les négociations. Basée essentiellement sur les produits de la pêche, l’économie de la ville de Barbate, située dans la province de Cadiz, souffre énormément depuis la date d’immobilisation à quai de sa flotte de pêche.
Alors que les pays de l’UE s’apprêtent à reprendre le 26 mars courant, leurs discussions en vue de « définir la stratégie européenne » en matière de pêche, le gouvernement espagnol a multiplié les actions de lobbying tant auprès de l’UE qu’auprès du Maroc pour les réunir autour de la table des négociations. A l’occasion de la ratification par le parlement européen de l’accord agricole, le conseil de l’UE avait adopté le 14 février dernier, un mandat de négociations, mais rien n’a filtré sur la suite de cette démarche. En attendant, les dirigeants ibériques se meuvent du côté marocain. Quelques semaines après la venue du chef du gouvernement, Mariano Rajoy, en janvier au Maroc pour sa première visite officielle à l’étranger, Arias Cañete s’était lui aussi rendu à Rabat, pour mettre le point avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch sur le dossier de la pêche et d’autres questions qui intéressent les deux royaumes comme l’agriculture. Pourtant les intérêts des professionnels des deux pays ne coïncident pas automatiquement dans tous les domaines de la coopération. Comme dans le secteur de l’agriculture, les professionnels marocains de la pêche ne sont pas très chauds à la conclusion d’un nouvel accord avec l’UE et préfèrent garder la main libre sur les zones poissonneuses du royaume. S’appuyant sur les rapports de Greenpeace, les pêcheurs marocains n’hésitent pas à pointer du doigt leurs homologues espagnols et européens de surexploiter les ressources halieutiques du pays. Néanmoins, le gouvernement marocain est obligé de faire des concessions pour pérenniser son partenariat avec l’Union européenne, dont l’Espagne est membre à part entière et passage obligé de la plupart des produits agricoles qui transitent par la voie terrestre vers d’autres pays européens.
Après l’interdiction d’accès de la flotte européenne aux eaux maritimes marocaines en riposte au rejet de la prorogation de l’accord de pêche, les armateurs et pêcheurs marocains se régalent. Ils ont pratiquement le monopole dans toutes les zones de pêche maritimes du pays.

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