Les 5èmes Assises de l’agriculture, le temps des bilans

Quatre ans après le lancement du Plan Maroc Vert, il était temps de dresser le bilan dans le secteur agricole. L’occasion ne peut pas être mieux choisie que la 5ème édition des assises de l’agriculture  qui s’est tenue ce mardi 24 avril à Meknès à la veille la très attendue  septième édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) qui est organisée du 25 au 29 avril dans la capitale ismaïlienne.
La cérémonie inaugurale des 5èmes assises agricoles organisées sous le thème « l’agriculture au cœur du développement rural », a offert en effet l’opportunité au ministre de l’agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch  de présenter chiffres à l’appui, les points forts et les points faibles de la campagne agricole 2011 et les perspectives de celle de 2012.
Placée sous le haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette nouvelle édition des assises agricoles devait passer au crible les spécificités du monde rural et ses besoins particuliers en outils de production, en activités génératrices de revenus, en infrastructure et en équipement.
Le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane qui était présent à la cérémonie, a pris la parole pour plaider en faveur d’un soutien accru et continu aux petits agriculteurs. Ce soutien, a-t-il soutenu, ne devrait pas se limiter aux périodes de sécheresse et autres calamités naturelles, afin de ne pas altérer le rythme du développement du secteur, jusqu’au jour, a-t-il dit, où le Maroc pourra produire tout ce dont il a besoin, avec une bonne qualité à la clé.
Dans son intervention, Aziz Akahnnouch  a donné  les chiffres phares de la politique agricole dont il est l’artisan, puisqu’il est détient depuis 2007 le portefeuille de ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime. Il a d’emblée qualifié de positif  le bilan  du Plan Maroc Vert (PMV), quatre ans son lancement, lequel bilan présente de sensibles progressions dans toutes les filières prioritaires de l’agriculture et de l’élevage. En termes de volume, la production des olives en 2011 s’est améliorée en comparaison avec la période 2005-2007, de 83 pc, celle des dattes a progressé de 45 pc, les agrumes (36 pc), les Rosacées (32 pc), les primeurs (4 pc) et les céréales (52 pc).
Du côté élevage et production animales, l’évolution a été positive durant la même période. Le secteur des viandes blanches a enregistré une progresse de la production  de 56 pc, le lait s’est accru de 35 pc et la production des viandes rouges s’est améliorée de 22 pc.
Par ailleurs, une amélioration notable a été enregistrée dans l’utilisation des intrants et autres moyens de production, ce qui a permis une hausse de la vente des semences certifiées à hauteur de plus de 100 pc, l’augmentation de l’utilisation des engrais à hauteur de 57 pc et des surfaces équipées de système de goutte à gouttes à hauteur de 103 pc, ainsi que la hausse du nombre des tracteurs à hauteur de 50 pc et des surfaces assurées qui sont passées de 60.000 ha entre 2005-2007 à 326.000 ha en 2011-2012.
Mais toutes les filières n’ont pas suivi le même rythme puisque la production du sucre a chuté de 13 pc à cause des inondations.
Selon les autres données chiffrées révélées par le ministre, le taux d’investissement dans le secteur agricole a accusé une hausse de 41 pc entre 2008 et 2011, concernant aussi bien le pilier I du Plan Maroc Vert (PMV) que le pilier II.
Pour ce qui est de l’agriculture solidaire (pilier I de PMV), qui s’est accaparée 2,3 milliards de dirhams (MMDH), il s’agit de la création et de l’équipement de 100 unités de transformation devant bénéficier à 78.000 personnes, notamment les petits agriculteurs.
De son côté, l’agriculture à haute valeur ajoutée (pilier II du PMV), a fait objet de la valorisation de 100 .000 ha de surface de terrains agricoles, en plus de l’équipement de 21.000 ha du système goutte à goutte.
Pour cette année 2012, les chiffres manquent de lustre en raison du déficit pluviométrique, du froid ou du gel qu’ont connu plusieurs régions du royaume mais également de la crise économique qui continue à malmener les marchés de l’Union  européenne, principal client du Maroc pour les exportations agricoles.
Comme l’a annoncé le ministre de l’agriculture, la production céréalière devrait chuter de près de moitié pour l’année 2012-2013. Le Maroc ne récoltera cette année que 48 millions de quintaux, contre 88 millions de quintaux au cours de la campagne 2010-2011. C’est une année exceptionnelle  pour les céréales qui peut être rattrapée sur d’autres filières de l’agriculture.

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