Le Maroc et l’Inde se donnent quatre ans pour développer la filière des légumineuses

Actuellement le Maroc est un grand importateur de légumineuses. La filière des légumineuse qui n’a que peu évolué et est restée dominée majoritairement par un mode de gestion traditionnel, voir même archaïque, se trouve confrontée à de nouveaux défis de taille. Le produit national est de moins en moins compétitif, parlant de prix sur le marché mondial. Le secteur est en effet handicapé par le libre accès de ces produits de l’étranger, suite à la conclusion de plusieurs accords de libre-échange avec l’Union européenne, les États-Unis d’Amérique et d’autres pays, grands producteurs de légumineuses.
Pour remédier à cette situation, le Maroc et l’Inde ont convenu de lancer à compter de 2012, un programme quadriennal pour développer cette filière. L’initiative est pilotée par la fondation OCP (Office Chérifien des Phosphates) dans le cadre de la coopération Sud-Sud et devrait impliquer la participation directe de 10.000 petits agriculteurs au Maroc et 15.000 autres en Inde. Après un accord de principe conclu en mars 2012 à Rabat, à l’occasion du Forum mondial sur la Sécurité alimentaire, ce partenariat vient d’être relancé en marge de la 7ème édition du SIAM 2012, tenue du 25 au 29 avril dernier à Meknès.
La filière des légumineuse au Maroc comme en Inde, deux pays à vocation agricole, se trouve confrontée aux mêmes contraintes des aléas climatiques, du faible recours aux techniques modernes de stockage, de collecte et de commercialisation en plus de l’absence d’une organisation bien structurée de la profession. Au fil des années, ces facteurs ont tiré vers le bas les volumes de la production des légumineuses marquant une nette régression au cours des dix dernières années aussi bien au Maroc qu’en Inde.
Les six partenaires associés à cette initiative sont, outre l’OCP, l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II, l’Institut national de recherche agronomique (INRA), la Fondation indienne SWAMINATAN, le Center For Agricultural Research in the Dry Areas (ICARDA) et l’International Crops Institute for the Semi-Aid Tropics (ICRISAT).
Pour atteindre les objectifs escomptés, les deux pays, comme l’a expliqué le secrétaire général de l’INRA, Rachid Dehham, misent sur le recours aux techniques agricoles modernes, la bonne gouvernance, la gestion intégrée des cultures par les agriculteurs. Il s’agit aussi d’axer les efforts sur la mise en place de systèmes de production de semences fonctionnelles au niveau des villages, l’étude sur la valeur ajoutée en post-récolte, le conditionnement, l’emballage, le stockage, la conservation et la labellisation des légumineuses ainsi que le développement des capacités de réseautage de tous les partenaires et le recours aux TIC et aux techniques d’amélioration génétique des cultures.
En termes d’objectifs chiffrés, cette initiative vise à l’horizon 2016, l’augmentation de 15 à 20% de la production des légumineuses, la création de 100 entreprises de semence dans les zones concernées, la mise en place de 10 entreprises agribusiness dans les régions ciblées (5 au Maroc et 7 en Inde), l’accroissement de 10% du taux de consommation des légumineuses par habitant, l’augmentation de 15% des revenus des petits agriculteurs, ainsi que la création de 2.500 emplois au Maroc.
Au Maroc, la culture des légumineuses occupe, selon les données chiffrées du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, une superficie globale de 370.000 HA, soit 5% seulement de la surface agricole utile (SAU) et génère chaque année près de 10 millions de journées de travail.
Avec une production moyenne annuelle de 2,4 millions de quintaux, la filière offre un rendement moyen de 6,2 quintaux/ha, ce qui oblige le Maroc d’en importer chaque année près de 350.000 quintaux de légumineuses, notamment les lentilles et les fèves pour couvrir les besoins de sa demande interne.

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