L’année 2011 a été moins bonne pour les exportations des produits de la mer

Les exportateurs marocains des produits de la mer souffrent encore des problèmes du transport et de la logistique pour conquérir de nouveaux marchés. L’année 2011 a été moins bonne pour les exportations du secteur marocain de la pêche qui peine à conquérir de nouveaux marchés. Dans son dernier rapport sur ces exportations, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère des finances, précise que la valeur de ces expéditions n’a été en 2011 que de 11,7 milliards de Dirhams (MMDH) contre 13,2 milliards de DH en 2008, accusant une baisse de 9 pc en valeur et 40 pc en volume, par rapport à l’année précédente. Cette contreperformance est imputable à la baisse du tonnage de la production halieutique, dont notamment les produits pélagiques.
Le plus gros des produits de la mer, est absorbé par des pays européens et le Japon, deux clients traditionnels du Maroc. Dans une analyse des performances des exportations marocaines des produits de la mer, la DEPF rappelle que durant la période 2008-2011, l’Union européenne a importé pour 77 pc de la valeur totale des exportations marocaines, dont l’Espagne s’est taillée la part du lion avec 46 pc, suivie de l’Italie avec 16 pc.
L’étude relève également une concentration sur le marché japonais où le congelé représente 76 pc de la valeur totale des exportations marocaines vers l’Asie. Par contre l’Afrique, où la demande des produits de la mer, est très forte et qui est géographiquement plus proche du royaume que l’Asie, ne reçoit que 11 pc du total des produits halieutiques marocains composés essentiellement des conserves pélagiques notamment la sardine. Le gros lot de ces exportations est expédié au Nigeria et l’Angola, alors que l’Afrique du Sud qui est mise à l’écart, est le premier importateur mondial de conserves de sardine. Ces lacunes, la DEPF les explique par la faiblesse ou l’absence de la logistique dans le continent noir qui empêche le respect des délais de livraison et génère des coûts supplémentaires pour les professionnels marocains.
En termes de structure, les exportations marocaines des produits de la mer se présentent essentiellement sous trois principales formes, à savoir : le congelé avec 41 pc, les conserves et semi-conserves (38 pc) et le frais (13 pc).
Par ailleurs, seuls quatre produits comptent pour 77 pc des exportations, en l’occurrence les céphalopodes congelés avec 27 pc, les conserves de pélagiques composées essentiellement de la sardine (37 pc), le poisson frais avec une dominance du poisson blanc et les autres poissons (8 pc) et les crustacés congelés principalement les crevettes décortiquées (6 pc).
Afin de renforcer la contribution de ce secteur à l’export, la DEPF recommande dans son étude, de s’inspirer des expériences étrangères pour proposer les mesures, notamment, d’ordre organisationnel et commercial.
Compte tenu de son rôle socio-économique de première importance voire même stratégique, le secteur de la pêche constitue l’un des piliers de l’économie nationale grâce à ses apports réguliers en devises et à la richesse qu’il génère. C’est aussi un secteur grand pourvoyeur d’emploi puisqu’il offre actuellement des occupations à 660.000 professionnels faisant vivre 3 millions de personnes et contribue de ce fait au maintien des équilibres macroéconomiques et au développement du pays et à sa sécurité alimentaire.
Grâce à la richesse des ressources halieutiques et à la position géographique privilégiée, le Maroc est classé parmi les plus importants producteurs et exportateurs des produits de la mer en Afrique. Toutefois, conclue l’étude de la DEPF, la valorisation de la ressource halieutique dans le royaume gagnerait plus si elle est optimisée sur l’ensemble de la chaîne de valeur. D’où la nécessité d’entreprendre une étude des marchés demandeurs des produits de la mer à l’échelle mondiale, afin d’apprécier les destinations choisies et d’identifier les zones à fort potentiel de croissance pour les exportations marocaines.

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