Le secret de réussite de la lutte « douce » contre la mineuse de la tomate en Méditerranée

La mineuse de la tomate ou la Tuta Absoluta constitue ces six dernières années la bête noire des producteurs méditerranéens de tomate. Ce petit papillon ravageur, originaire d’Amérique du Sud, est apparu en Espagne en 2006 avant de se propager au Maroc et dans d’autres pays du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient. Depuis son apparition au Maroc surtout dans la grande région agricole du Souss-Massa-Draâ, la mineuse de la tomate occasionne de gros dégât dans les cultures principalement de la tomate, du poivron, de la pomme de terre et d’autres espèces de solanacées. Pour combattre cet insecte très nuisibles, les agriculteurs recourent souvent à un usage excessif des insecticides ce qui provoque des dégâts collatéraux à l’environnement, aux abeilles et à la nappe phréatique.
Pour éviter de tels dégâts, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande et encourage la lutte contre Tuta Absoluta par le biais de réponses écologiques et respectueuses de l’environnement tout en  bannissant l’utilisation intensive de pesticides. Après le succès de cette méthode dans des pays de la méditerranée, la FAO entend à présent étendre cette expérience aux pays du Proche-Orient
Dans un communiqué publié jeudi 19 juillet, la FAO précise qu’un projet sous-régional est en cours d’élaboration pour maîtriser la menace de la mineuse de la tomate dans les pays de cette région comme l’Egypte, l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie et le Yémen.
Ces programmes de lutte dite « douce » contre Tuta Absoluta ont été déjà menés avec succès dans ses pays méditerranéens, y compris dans les pays d’Afrique du Nord, où ils ont permis de minimiser les dégâts provoqués par cet insecte ravageur.
La mineuse de la tomate étant connue pour développer rapidement des résistances aux insecticides, l’idée de la FAO est de réduire les dégâts au minimum grâce à des méthodes durables au plan économique et environnemental. Les experts de la FAO préconisent donc le recours à des ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) et à des pièges à phéromones « Attract-and-kill » (attirer et tuer).
Les programmes de lutte intégrée (IPM) contre Tuta Absoluta visent à développer des approches à basse toxicité et peu onéreuses. Ils consistent également à utiliser des filets anti-insectes et des sas de sécurité dans les serres, la gestion rigoureuse de la pépinière et le matériel végétal sans insectes, l’arrachage des cultures infestées et des plantes adventices sauvages et la rotation des cultures avec des variétés non solanacées qui n’attirent pas l’insecte.
Ces méthodes de lutte offrent aux agriculteurs et décideurs, des alternatives viables pour gérer les écosystèmes agricoles et contrôler les ravageurs et protéger les cultures.

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