Levée de boucliers des agriculteurs espagnols contre la tomate marocaine

Evidemment les voisins ibériques adorent le poisson marocain mais pas la tomate qui leur livre, se lamentent-ils, une concurrence déloyale !

Une vive protestation est manifestée comme à chaque époque, par les agriculteurs espagnols contre les prix pratiqués par les exportateurs marocains de tomates. Ils accusent leurs homologues marocains de pratiquer le dumping en cassant les prix pratiqués sur le marché européen, ce qui constitue à leurs yeux, une concurrence déloyale.

L’Espagne a décidé donc, d’informer les pays de l’Union européenne sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’accord agricole UE-Maroc, dans son volet relatif au secteur de la tomate, et a demandé à la Commission européenne (CE) de surveiller de près la situation du marché.
La délégation espagnole a également profité de la réunion mensuelle des ministres européens de l’Agriculture et de la pêche, ces mercredi et jeudi à Bruxelles, pour attirer son attention sur la situation difficile que connaissent les agriculteurs espagnols en raison de la faiblesse des prix de la tomate sur le marché de l’UE et les éventuelles incohérences concernant le fonctionnement du système du prix d’entrée prévu dans l’accord agricole UE-Maroc.

«La valeur à l’importation des produits en provenance du Maroc est plus basse que prévu dans l’accord UE-Maroc, sans prélèvement », souligne la délégation espagnole dans un document joint à l’ordre du jour de la réunion de la CE. « La viabilité économique des exploitations est compromise du fait que les prix payés aux producteurs sont bas et que les charges restent constantes », se plaint la délégation espagnole.
« La Commission devrait surveiller la situation du marché dans l’UE et au Maroc et les droits imposés lorsque les prix deviennent en deçà du prix d’entrée convenu dans le cadre de l’accord UE-Maroc », ajoute le document.

Depuis l’entrée en vigueur de cet accord le 1er octobre dernier, l’Espagne n’a pas baissé la garde, bien au contraire, les Espagnols livrent une guerre sans merci, aux exportateurs marocains de tomates qu’ils accusent de casser sciemment les prix pour écouler le maximum de leur marchandise.

Dans le document distribué aux ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche, le chef du département espagnol de l’agriculture demande à être informé sur l’évolution des importations des tomates marocaines durant les mois d’octobre et novembre et « leur impact sur le secteur producteur et le fait qu’il y ait des prix bas en raison du mauvais fonctionnement des mécanismes » prévus par l’accord UE-Maroc.

Dans son document, la délégation espagnole pointe indirectement du doigt les douanes européennes et notamment la douane française à Perpignan d’où transitent le gros lot des exportations marocaines vers l’Europe. Les responsables espagnols estiment que la douane ne fait pas son travail comme il le faut sinon «les prix de la tomate auraient augmenté ».

Le gouvernement espagnol serait très préoccupé par la chute des prix de la tomate, ce qui pourrait compromettre la campagne des exportations espagnoles de tomates.

La délégation espagnole rappelle qu’au 6 novembre dernier, le prix de 100 kg des tomates marocaines, était de 36 euros sur le marché de l’Union européenne alors qu’il aurait dû être de 46,1 euros. L’accord agricole UE-Maroc, entré en vigueur le 1er octobre 2012, prévoit pour les tomates (fraîches ou réfrigérées) considérées comme des produits sensibles, un système des prix d’entrée fixé à 46,1 EUR/100 kg, ainsi que des droits supplémentaires lorsque les produits arrivent à la frontière à des prix inférieurs au prix d’entré convenu.

En réponse aux requêtes espagnoles, la Commission européenne a fait savoir que le suivi de la mise en œuvre de cet accord et la surveillance de la situation du marché, dépendent en grande partie des données fournies par les services des douanes des Etats membres de l’UE.

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