Comment déloger les occupants illégaux des milliers d’hectares de terres agricoles publiques ?

Des terres agricoles comme les carrières de sables appartenant au domaine public sont illégalement occupées depuis longtemps par des personnes physiques et morales. Le gouvernement Benkirane est vivement sollicité pour trouver le moyen légal d’assainir ces dossiers.
Près de 77 mille hectares des terres agricoles appartenant à l’Etat sont occupées illégalement par le privé. Le chiffre a été révélé dernièrement devant la Chambre des conseillers, par le ministre délégué chargé du budget, Idriss Azami Idrissi. Le voile est ainsi levé sur un dossier brûlant, longtemps terré par les précédents gouvernements, en raison de son extrême sensibilité.
En abordant le sujet devant les Conseillers, Idriss Azami Idrissi n’a pas pour autant donné de détails ni sur la répartition géographique des 77 mille hectares en question, ni sur l’identité des personnes physiques ou morales qui exploitent illégalement ce patrimoine public. Le ministre délégué a en revanche, avancé deux solutions que son  département compte adopter pour assainir ce dossier. Il s’agit selon Idrissi de louer pour une période de trois années renouvelables, les parcelles agricoles, dont la surface oscille entre 10 et 20 hectares et appliquer la procédure d’expropriation pour les parcelles dont la superficie est supérieure à 20 hectares.
Comme dans le cas de l’exploitation des carrières de sable et des pierres, le chef du département du Budget risque fort de finir son parcours par se contenter de simples déclarations d’intention.
Bien avant lui, Abdelaziz Rebbah, le ministre des Transports et de l’Equipement, avait fait la Une des quotidiens nationaux en publiant la liste des bénéficiaires des agréments du transport routier, mais n’a pas pu faire autant pour le dossier des carrières de sable, dont 55% sont exploitées illégalement. Il en est de même pour le cas des licences de pêche en haute mer, que le ministère de tutelle entoure d’un black-out quasi-total.
En voulant s’attaquer à ces dossiers explosifs, l’administration se retrouve face à face à de puissants lobbies bien protégés dans les hautes sphères du pouvoir et qui parviennent à faire preuve d’une résistance insurmontable. Les actuels bénéficiaires, dont des personnalités civiles et militaires haut placées, ont pris la mauvaise habitude d’exploiter librement ces biens publics sans avoir à rendre de comptes à personne comme s’il s’agissait d’un droit acquis.
Des familles nombreuses issues des tribus guiche et de jmoua occupent de grandes parcelles agricoles et des terres collectives partout dans le royaume et il serait très difficile pour les autorités publiques de les déloger sans provoquer des agitations sociales et des dégâts collatéraux. Le gouvernement Benkirane qui est confronté à ces anomalies et ces injustices du passé, est appelé à faire preuve de beaucoup d’imagination et de doigté pour assainir cette situation en faisant prévaloir l’intérêt général sur l’intérêt particulier grâce à la force de la loi et aux dispositions de la nouvelle Constitution qui lui confère de larges attributions, un privilège que les précédents gouvernement n’avaient pas.

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