L’incertitude sur les stocks réels du thon rouge dans l’Atlantique bloque les quotas

Les quotas de captures du Thon rouge dans l’Océan atlantique pour la période 2013-2015, seront fixés à Agadir au Maroc. Les quotas seront également fixés pour une trentaine d’autres espèces, dont les bonites, marlins, espadons, requins bleus etc. Les délégations des 48 Etats membres la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) devraient en discuter à l’occasion de leur réunion annuelle prévue du 12 au 19 novembre dans la capitale du sud du royaume. Dans l’une de ses recommandations, le comité scientifique (SCRS) de la CICTA, a préconisé le maintien des niveaux de captures à un plafond de 12.900 tonnes dans la partie orientale de l’Atlantique et en Méditerranée, et à 1.750 tonnes dans la partie occidentale. Les pays membres de la CICTA ne semblent donc pas prêts à revoir à la hausse les quotas de pêche actuels du thon rouge pour la période 2013-2015.

Si l’évaluation du stock des thons rouges réalisée par le SCRS en 2012, montre une augmentation de 13% depuis 2009, la population demeure encore à 36 % de ce qu’elle était en 1970. De plus, l’augmentation de la population à l’Ouest de l’Atlantique est à peine perceptible. Les scientifiques considèrent que l’incertitude et les lacunes concernant les données (notamment sur les captures illicites) dans les modèles d’évaluation, ne permettent pas d’augmentation des quotas. Ils craignent également que la croissance de la population soit davantage le reflet de l’augmentation des poissons migrant de l’Est vers les pêcheries de l’Ouest, ce qui fausse l’évaluation réelle des effectifs des thons rouges de l’Ouest.

Dans son rapport, le SCRS estime dans un premier scénario, qu’il y a 60 % de chances que la surpêche puisse cesser à court terme à l’Ouest de l’Atlantique, si les quotas passent de 1.750 à 1.200 tonnes, mais la population de thons rouges n’aura aucune chance de se reconstituer d’ici 2019 même si la pêcherie était fermée à l’Ouest. Alors que dans le second scénario où les quotas seraient fixés à un maximum de 2.000 tonnes, on pourrait obtenir une population adulte qui fait à peu près la même taille qu’aujourd’hui.

La biomasse des thons rouges de l’Atlantique Est et de la Méditerranée en âge de se reproduire est passée de « plus de 300 000 tonnes à la fin des années 1950 à 150 000 tonnes » cinquante ans plus tard. Leurs quotas de pêche ont chuté de 32 000 tonnes en 2002 à 13 500 tonnes en 2010.

Même devant les indices d’un redressement inespéré des populations de thon rouge, les scientifiques restent tout de même, sceptiques quand à l’état réel de cette espèce marine très sollicitée par les pêcheurs.

Dans tous les cas, les défenseurs des océans déplorent, eux, l’absence de prise en compte de la pêche illégale par les experts de la Cicta, puisque le commerce du thon rouge continue d’être florissant grâce au marché japonais qui attire 80 % des captures.

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