Le Maroc importe un tiers de ses besoins en miel

elevage-rucher-inzerkiLe miel est l’un des produits les plus consommés en ce mois sacré de Ramadan au Maroc. Pour répondre aux besoins de ses consommateurs, le Royaume importe chaque année près de 30 pc de miel.

En 2010, le Maroc a importé 1540 tonnes de miel contre 1820 une année auparavant, la production nationale moyenne de miel (entre 3500 et 4000 tonnes selon les saisons), étant généralement inférieure à la demande interne avec une consommation moyenne annuelle de 200 grammes/habitant.

Le prix du miel local se négocie dans les exploitations apicoles, de 50 à 300 DH le kilo selon les variétés, les saisons et les régions de provenance contre 10 à 40 DH le kilo celui importé de Chine, d’Inde ou du Pakistan.

La région du Souss-Massa-Drâa produit a elle seule, près de 925 tonnes de miel par an (22 PC de la production nationale), soit en moyenne 5 kg/an par ruche traditionnelle et 14 kg par ruche moderne. Les ruchers sont alimentés par des abeilles noires et des abeilles sahariennes (les plus résistantes aux pathologies et les plus productives). Le miel et autres produits apicoles génèrent chaque année pour la région une recette avoisinant les 159 millions de DH.

L’un des plus ancien et plus connu rucher du Souss est celui d’Inzerki, situé à près de 90 km au nord d’Agadir. Il s’agit du plus grand rucher collectif traditionnel au monde, quoique ces dernières années, le bourdonnement des abeilles n’y est plus aussi audible comme avant, à cause des changements climatiques et de leur impact négatif sur la flore mellifère.

Les apiculteurs marocains se plaignent aussi des parasites nuisibles aux abeilles tels la « psylle à gomme » qui ravage les forêts d’eucalyptus très présentes dans la région du Gharb.

L’apiculture au Maroc souffre également du froid, des inondations dévastatrices des ruches traditionnelles et de la flore mellifère, l’usage incontrôlé des insecticides agricoles qui déciment les abeilles et la concurrence déloyale du miel importé.

Situé dans la commune d’Argana sur la route nationale reliant Agadir à Marrakech à une altitude de 980 mètres en plein cœur du Haut-Atlas, le rucher d’Inzerki appelé aussi «Taddart Ouguerram» bénéficie d’un long ensoleillement, doublé d’un environnement très favorable à l’apiculture grâce à un couvert végétal très riche fait de thym, argan, thuya, romarin, chardon, palmier dattier, lavande et autres plantes mellifères.
Ce grenier collectif de miel, dont la création date de 1850, quoique son histoire remonterait au 17ème siècle selon la tradition orale.

D’après Brahim Chatoui, apiculteur et président de l’Association Taddart Inzerki pour le développement et la coopération, l’apiculture est souvent l’unique source de revenu des familles locales de cette région, du reste, très connue pour la diversité de sa flore mellifère de montagne et qui produit le miel au goût de thym très prisé sur le marché pour ses hautes valeurs nutritives et thérapeutiques.

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