Les chevillards sur un pied de guerre contre la nouvelle réglementation de la profession

chevillards-mohammediaLes chevillards, bouchers et transporteurs de viandes rouges organisant ce jeudi à Mohammedia, une marche de protestation contre le nouveau décret relatif au contrôle de la salubrité des viandes foraines.
Le  décret 2.12.612 modifiant l’arrêté du 10 Safar 1375 (28 septembre 1955) adopté début novembre 2012 pour permettre la libre circulation des viandes entre régions et la mise en place d’un marché de viandes rouges compétitif et conforme à la législation et à la réglementation en vigueur.
Mais ce décret ne semble pas encore faire l’unanimité parmi les professionnels du secteur. Juste après son adoption, les syndicats les plus représentatifs des chevillards, des bouchers et des transporteurs de viandes rouges des abattoirs de Casablanca ont décrié le projet de décret, pour n’avoir pas été associés à son élaboration.
La  mauvaise interprétation dudit décret a eu pour conséquences, la propagation de l’abattage clandestin, affirme dans un communiqué, le Syndicat des chevillards (SC). Et d’ajouter qu’un nombre croissant de bouchers ont commencé à bouder les abattoirs de Casablanca, préférant s’approvisionner à moindre coût, auprès des abattoirs municipaux de Mohammedia et des tueries périphériques de la ville jugés.
Pour le Secrétaire général du secteur du transport des viandes, Jamal Farhane, ce phénomène commence à prendre une ampleur alarmante, expliquant que le silence complice et l’inertie des autorités locales face à ce phénomène, ne fera qu’aggraver la situation.
Pourtant, du côté de la direction des abattoirs de Casablanca, on assure que la situation est presque normale et que la cadence des abatages est identique à celle d’avant la promulgation dudit décret.
Adil Moustanjid, un des responsables des abattoirs de Casablanca a confié au quotidien Libération qu’à la date d’aujourd’hui, il n’a rien pu constater d’anormal, puisque la moyenne journalière d’abatage estimée à 350 têtes de bétail, demeure la même. Il s’agit plutôt de simples rumeurs qui circulent dans le milieu, soutient-il.
D’après les syndicalistes de la profession, les abattoirs de Casablanca qui ont nécessité un énorme investissement de quelques 80 milliards de centimes peinent toujours à tourner à plein régime à cause de la faible demande qui leur parvient.
En plus, ajoutent-ils, ces abattoirs qui sont astreints à des normes d’abatage très strictes, enregistrent le plus de saisies des viandes avariées. De surcroît, ce sont les seuls abattoirs du pays, précisent-ils, qui ne reçoivent les carcasses que 24 heures après l’abattage et ce dans l’objectif de garantir la santé du consommateur. Dans tous les cas, les nouvelles règlementations risquent fort de prolonger la tension entre les professionnels et les autorités de tutelle.

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